samedi 8 février 2020

RIVAROL EN SURSIS...

Rivarol l'ombre du Mal !

Rivarol, défense et illustration d’une langue de haine...
Pour qui veut comprendre ce qu’est l’antisémitisme idéologique et saisir en quoi consistent les arguments les plus hostiles à toutes formes de législation contre le racisme et l’antisémitisme, il peut être utile de lire l’éditorial de Jérôme Bourbon paru le 22 janvier 2020 dans l’hebdomadaire Rivarol, dont il est le directeur depuis 2010. La haine y est à la fois calculée, codée et explicite. Elle y apparaît également sous un jour paranoïaque, par la réclamation, à cor et à cri, du martyr, c’est-à-dire de la sanction par la loi… qui ne vient pas – ou pas assez.


Un lobby et des complots
C’est un texte qui offre à lire un antisémitisme « chimiquement pur », pour reprendre une expression employée il y a quelques mois par les signataires d’une tribune, au sujet du faussaire négationniste Robert Faurisson, « mort sans avoir jamais connu un seul jour de prison ». Sous prétexte d’attaquer la proposition de loi contre les contenus haineux sur Internet, dont la députée Laetita Avia est la rapporteure, Jérôme Bourbon dresse un tableau crépusculaire de la France. La proposition de loi en question lui apparaît précisément comme l’une de ces armes de destruction massive des libertés individuelles et de l’âme française. Il faut noter que la dénonciation des lois « liberticides » – comprendre ici les lois contre le racisme et l’antisémitisme – constitue un mantra de cette publication.
La définition d’un contenu haineux ? Elle tient en quelques mots : « c’est tout ce qui déplaît au lobby juif en général et à la LICRA et au CRIF en particulier. » Tel est le leitmotiv, depuis plusieurs décennies, de ceux qui s’évertuent à personnifier l’objet de leur haine et qui réactualisent finalement, à travers la puissance prêté à ces deux organisations – et à quelques autres –, le célèbre faux des Protocoles des Sages de Sion. Cette vision fantasmée d’entités qui contrôleraient le pouvoir et joueraient le rôle d’une police de la pensée – et dont on a pu constater, ces derniers temps, à quel point elle était partagée par une partie de l’extrême gauche – est tout simplement délirante. Elle relève du complotisme le plus élémentaire et rappelle, s’il en était besoin, qu’il constitue le principe le plus actif de l’antisémitisme.


« On ne pourra plus rien dire »
Pour bien comprendre ce que Jérôme Bourbon voit dans les « libertés » prétendument menacées, il faut se reporter à la lettre. Laetitia Avia, explique Bourbon, vise « les injures discriminatoires à raison de la race, de la religion, de l’ethnie, du sexe, de l’identité de genre, de l’orientation sexuelle, du handicap. » Un citoyen ayant la tête normalement faite devrait théoriquement opiner de celle-ci, tout au moins quant au principe simple de ne pas tolérer l’injure. Le directeur de Rivarol ne voit pas les choses ainsi et le fait savoir en ces termes : « Autrement dit on ne pourra plus rien dire sur les réseaux sociaux. » Il faut donc bien insister sur ce qui est affirmé ici : si l’on ne peut plus se livrer à des « injures discriminatoires », « on ne pourra plus rien dire ». La lecture pourrait s’arrêter là car, d’une certaine manière, tout est dit. Il vaut pourtant de la poursuivre pour mieux appréhender l’univers intellectuel/mental particulier du rédacteur et de son lectorat. Dans quel monde vivent en effet ceux qui souffrent de ne pouvoir laisser davantage libre cours aux « injures discriminatoires » ? Car ne plus rien dire, ajoute Bourbon, c’est par exemple ne plus pouvoir « faire siennes les positions de Robert Faurisson sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », puisque le législateur a eu le malheur d’en faire un délit d’antisémitisme. Pensez… nier l’existence des chambres à gaz, de l’antisémitisme ! Les manigances juives n’ont vraiment aucune limite…


Source :
https://www.lemonde.fr/blog/antiracisme/2020/01/23/rivarol-defense-et-illustration-dune-langue-de-haine/

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